Exposition Eglise Bussière Badil

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CATALOGUE 2026
Affiche Marché céramique de Bussière Badil 2026
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Exposition dans l'église du village

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Ingrid Van Munster, sculptures médidatives pour un monde fragile

Dans son atelier de Limbrassac, en Ariège, Ingrid Van Munster tourne des formes sphériques ou ovoides en grès porcelainique. A consistance cuir, elle intervient sur les volumes pour rompre la perfection mécanique du tour, introduire un mouvement, une tension ou une ouverture. Après une première cuisson, les pièces sont émaillées par aspersion. Il en résulte des coulures, des superpositions ou des zones de manque, qui confèrent à la pièce son rythme et sa cadence. Révélés par la cuisson en réduction, les émaux, très mats et veloutés au toucher, offrent une riche palette de nuances ponctuées de subtils mouchetés.

La respiration des formes

Les pièces d'Ingrid Van Munster composent des mondes sensibles, traversés par une présence diffuse de la nature. Elles évoquent tantôt une expérience immédiate - un souffle de vent, une pluie persistante, une aube, un orage - tantôt une vision plus distante, comme la Terre observée depuis le ciel ou, à l'inverse, le ciel perçu depuis la Terre. La couleur y joue un rôle fondamental : parfois brute, parfois subtilement nuancée, elle modifie les échelles de perception et invite à un jeu constant entre le détail et le panorama.
Les formes, volontairement sobres, laissent toute leur place à ces évocations. Beaucoup de ses pièces jouent sur la dualité entre solidité et vibration : un monolithe ou un volume massif peut sembler stable, mais des nuances de couleur ou des ouvertures introduisent un mouvement subtil, presque organique. Il y a un rythme latent, comme un souffle ou une circulation d’énergie à l’intérieur de la matière.

Dans la série des Planètes, cela est accentué par des trouées parfois ressenties comme des « blessures ». Zone de 1 vulnérabilité ou de fragilité, ces ouvertures sont comme un accès à un espace intérieur, une cavité où l’invisible devient perceptible.

Les Passages et les Anneaux de K. suggèrent une aspiration, comme si l’espace se prolongeait au-delà de ce qui est donné à voir. Le cœur de ces œuvres demeure dissimulé, invitant le spectateur à imaginer des circulations souterraines, des connexions silencieuses entre les volumes.

La série des Bustes introduit une présence désormais incarnée. Ici, la déchirure devient clairement blessure, affirmant qu’il n’existe pas de vie sans vulnérabilité. Dans certaines pièces, la forme suggère une interaction tactile avec la matière, comme si des doigts s’étaient enfoncés dans une chair généreuse, laissant leur empreinte et révélant la mémoire d’un geste. Cette présence implicite confère aux volumes une dimension sensuelle, où la matière semble à la fois caressée et retenue, fragile et vivante. Le regardeur est invité à percevoir cette intensité intime, à sentir la tension entre l’empreinte et la forme, et à éprouver, par l’imagination, la douceur et la force qui se côtoient dans ces volumes.

Les formes d'un temps inquiet

Enfin, avec la récente série des Green Barrels, Ingrid van Munster interroge plus directement les relations entre production humaine, ressources naturelles et héritages symboliques. Entre références industrielles et formes organiques, ces sculptures traduisent une inquiétude contemporaine tout en conservant une dimension méditative. Dans un contexte de crises écologiques et sociales, ces œuvres proposent un temps de pause, un espace de projection où se rejouent, à petite échelle, les contradictions et les possibles de notre époque.

Photos

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Edition 2026
14 au 17 mai 2026
Entrée libre et gratuite
Petite restauration sur place
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